vendredi 11 janvier 2008

Fil conducteur : le vent


Je suis un voyou
Georges Brassens
Paroles et Musique: Georges Brassens 1954
© Warner-Chapell Music France

Ci-gît au fond de mon cœur une histoire ancienne
Un fantôme, un souvenir d'une que j'aimais
Le temps, à grands coups de faux, peut faire des siennes
Mon bel amour dure encore, et c'est à jamais

J'ai perdu la tramontane *
En trouvant Margot
Princesse vêtue de laine
Déesse en sabots
Si les fleurs, le long des routes
S'mettaient à marcher
C'est à la Margot, sans doute
Qu'ell's feraient songer
J'lui ai dit: "De la Madone
Tu es le portrait !"
Le Bon Dieu me le pardonne
C'était un peu vrai

Qu'il me pardonne ou non
D'ailleurs, je m'en fous
J'ai déjà mon âme en peine
Je suis un voyou

La mignonne allait aux vêpres
Se mettre à genoux
Alors j'ai mordu ses lèvres
Pour savoir leur goût
Ell' m'a dit, d'un ton sévère
"Qu'est-ce que tu fais là ?"
Mais elle m'a laissé faire
Les fill's, c'est comm' ça
J'lui ai dit: " Par la Madone
Reste auprès de moi ! "
Le Bon Dieu me le pardonne
Mais chacun pour soi

Qu'il me pardonne ou non
D'ailleurs, je m'en fous
J'ai déjà mon âme en peine
Je suis un voyou

C'était une fille sage
A " bouch', que veux-tu ?"
J'ai croqué dans son corsage
Les fruits défendus
Ell' m'a dit d'un ton sévère"
Qu'est-ce que tu fais là ? "
Mais elle m'a laissé faire
Les fill's, c'est comm' ça
Puis, j'ai déchiré sa robe
Sans l'avoir voulu
Le Bon Dieu me le pardonne
Je n'y tenais plus !

Qu'il me pardonne ou non
D'ailleurs, je m'en fous
J'ai déjà mon âme en peine
Je suis un voyou

J'ai perdu la tramontane
En perdant Margot
Qui épousa, contre son âme
Un triste bigot
Elle doit avoir à l'heure
A l'heure qu'il est
Deux ou trois marmots qui pleurent
Pour avoir leur lait
Et, moi, j'ai tété leur mère
Longtemps avant eux
Le Bon Dieu me le pardonne
J'étais amoureux !

Qu'il me pardonne ou non
D'ailleurs, je m'en fous
J'ai déjà mon âme en peine
Je suis un voyou


*J'ai perdu le nord

jeudi 10 janvier 2008

Fil conducteur : la pureté et l'innocence de l'enfance

'Retrouver sa lumière' Mario Duguay

Poème : Reste un peu, Enfance ! ( Thème : Pureté )

Née au hasard,
Enfance riante et sans fard,
Tu vis sur les ailes
D’un monde irréel,
D’une bonbonnière
Chatoyante de mystères,
De légèreté,
De pureté.

Reste un peu, Enfance,
Au fond de mon être.
Fais disparaître
L’évidence !
Reste un peu, Enfance,
Rends-moi l’illusion
De l’insouciance,
De l’ innocence
A profusion !

Dans quels dédales
De géantes futaies morales
T’ai-je égarée,
Enfance adorée ?
Tu t’es envolée
Sans bruit au fil des années
Dans l’apprentissage
Des bons usages.

Reste un peu, Enfance,
Au fond de mon être.
Donne-moi la chance
De renaître !
Reste un peu, Enfance,
Rends-moi l’illusion
De ma différence
Sans l’intrusion
Des convenances !

Dans mon habit
Etriqué d’une vie sans plis
Clos sur ses replis,
J’avance sans mot
Avec le troupeau
Perdu dans l’intolérance,
Les viles dépendances,
Les influences.

Reste un peu, Enfance,
Au fond de mon être
Plein d’expériences
Sans peut-être !
Reste un peu, Enfance,
Rends-moi l’illusion
De vives passions,
De rebellions,
De contresens !

Quand l’asphyxie,
Cloue ma vie au pilori
Des obligations,
Des comparaisons
Souvent arbitraires,
Des modes si éphémères,
J’aimerais pleurer
Ou bien hurler :

Reste un peu, Enfance,
Ouvre les fenêtres,
Libère mon être
De la bienséance
Et du paraître !



Aquarelle Lise St-Cyr : 'Jeune Maiko'

mercredi 9 janvier 2008

Fil conducteur : la morale

Elle est en nous
VINCENT DENHEZ


Commence dès le début, comme éclot d'une rose
Démarre au premier jour tel le cri de la vie

Un enfant dit ce qu'il voit,personne ne s'y oppose
"Il est doux et mignon,écoutez ce petit !"

Puis viens le temps de dire ce que parfois l'on ose
Etre franc avec soi est notre seul abri

Penser par soi permet de faire la part des choses
De vivre du bien ou mal et d'en faire un avis

Si sur nos actes et pensées, des questions l'on se pose
C'est sa présence déjà qui rôde dans notre esprit

Est ce cela qu'il faut vivre pour être en osmose ?
Garder la ligne droite qui fait ce que je suis ?

Toutes les ambivalences font partie de nos pauses
du bon ou mauvais, il nous faut faire un tri

écoutons ceux qui flattent pour être sous hypnose
et nous perdrons notre âme, adieu le paradis

quand notre coté sombre resurgit et s'impose
c'est une partie de nous que l'on laisse et oublie

la morale est en nous comme une apothéose
l'homme est bon mais c'est la raison qui parfois le fuit

dès qu'il se prend en main comme beaucoup je suppose
la morale revient pour enfin être ami

la morale est en somme comme une virtuose
qui joue en harmonie pour celui qui la suit


lundi 7 janvier 2008

Fil conducteur : le savoir et l'âme


Savoir être le temps
Poème de Philistin Panger

Regarder avancer les pierres,
sentir se faire le marbre,
écouter revenir les rivières,
regarder pousser les arbres.

Sentir se refroidir le soleil,
écouter s’éteindre les étoiles,
regarder tomber le ciel,
sentir pencher l’horizontale.

Ecouter monter la pluie,
regarder glisser la montagne,
sentir se réjouir l’ennui,
Savoir parler à son âme.