mercredi 26 décembre 2007

Fil conducteur : le repos et l'absence

One hundred years of solitude by Xia Meimei

Repos
Gaétan STE-MARIE

Ce soir j'ai froid, très froid
Dans mon coeur, dans mon âme

J'ai mal partout
Mon coeur palpite
Mes mains temblent
Mes bras s'alourdissent
Mes jambes plient

C'est le crépuscule
Le début des derniers souffles
La décroissance
De penser, de dire, de faire, de vivre

Pour toi
Pour vous
J'ai arraché le saule
Déplacé le roc
Sillonné la terre et fait jaillir la source
J'ai taillé la pierre
Façonné le bois, élevé les murs
Préparé le feu

D'aube à nuit
J'ai besogné sans repos
Sans flancher ni exiger

Ce soir j'ai froid
Transi de solitude, apeuré par elle
Et déchiré par d'éprouvants silences

J'ai froid devant l'échéance, le bilan

Vous m'avez laissé
Les champs
La vieille barrière
Les murs craqués
Les pierres mortes
Quelques bûches
Et surtout votre cruelle absence

Toute la vie, ma vie visait à prodiguer
Mais vous, vous vouliez
Rire
Partager
Aimer

Je n'étais pas disponible
Je travaillais

Il se fait tard
Et personne pour écouter

C'est l'heure du repos
Elle arrive

Je me reposerai seul
Longtemps
Toujours.




dimanche 23 décembre 2007

Fil conducteur : la douleur de l'alter ego


Mon Alter Ego ...
Mélancholia

Balladin, tu m'as volé mon âme d'infante,
Tu me poursuis, me pourchasses et me hantes,
Par-dessus, le ciel rosé du petit matin levant,
Le vide de Toi, au creux du ventre, lancinant,


Comme ces oiseaux tous de noir endeuillés,
Dans l'infinie tristesse de la campagne glacée,
A la recherche d'une maigre et terrestre pitance,
Je suis, sans fin, dans ce paysage, en errance,


Dans ce ciel de coton blanc de la brume de silence,
Te rejoindre dans l'au-delà de cette terre de souffrance,
Me perdre, me fondre, de ma carcasse d'humaine,
M'envoler, pour mettre fin à cette insupportable Peine,


Le blanc du froid hiver congèle petit à petit mon coeur,
Mon esprit vide se fige dans des efforts d'inhumain labeur,
Mon âme est revêtue du noir de l'épouvantail de l'abandon,
Charriant l'eau rouge de mon sang coagulé en glaçons.





On peut aussi arrêter la petite sonate au clair de lune de Beethoven en cliquant ici :

Fil conducteur : les couleurs de la vie


Les couleurs de la vie
Gaffiat Frédéric

Floues,
comme l'incertitude de l'avenir
dans cette syntaxe primaire
de couleurs changeantes,
teintées par l'esprit de l'instant !

Bleues,
comme ce ciel
qui se mire dans une mer peu profonde
où l'azur se confond dans l'onde
caeruleum de l'infini !

Vertes,
comme cette branche
dont les feuilles parfois nous rappellent
se teintant d'automne,
que rien n'est éternel !

Rouges,
comme ce sang
s'écoulant de tes mains, de ton corps,
tous les jours, chaque mois,
entachant ce dessein, boréal, changeant !

Blanches,
comme la neige
qui mélange les couleurs et atténue de sa pureté
les immondices issus de notre race ;
pour un semblant d'virginité !

Noires,
comme ce trou
que l'on creuse, chaque instant
d'une synthèse additive,
dûe à l'absence de raison !

Troublées,
comme notre vision
aux couleurs de base,
d'une synthèse soustractive
à pulsion fondamentale !

Cyans,
comme le doux regard
de la femme que j'aime,
au fond pur et lumineux
faisant naître une fleur, l'espoir !

Magentas,
comme ce fuchsia
d'où viennent d'éclore mille pétales,
aux clochettes teintantes
du parfum du bonheur !

Jaunes,
comme ce nectar au goût de miel,
répandant sa douceur
dans ma gorge, dans mon coeur,
d'où s'échappe cette couleur !

Noires,
comme ces instants volés,
barbouillés de bonheur
aux couleurs de l'amour
quand se mélangent nos nuits !

Blanches,
comme ta peau satinée,
où mes mains aiment glisser
caressant en leurs seins,les sens de tes désirs !

Rouges,
comme tes lèvres sensuelles,
que j'aime savourer éclaboussant ma vie
aux couleurs de l'amour !

Une synthèse
qui dessine notre vie
d'une pureté chatoyante,
aux couleurs de l'envie,
de l'albâtre et du temps...