lundi 17 décembre 2007

Fil conducteur : l'absence ou l'envol

Ode à l’absente : Comme le reflux de l’Océan
Jean-Youri
Comme le reflux de l’Océan
Emportant avec lui l’eau salée des larmes
Versée à chaque départ d’une âme,
Tout s’évanouit dans l’infiniment grand…

Comme le vent agitant la houle
Mes souvenirs troublent mon esprit :
J’ai oublié comment l’on rit.
Pourtant, le temps s’écoule…

Comme l’oiseau survolant la mer
Je contemple la vie autour de moi
Tout est si vide sans toi
Je me sens étranger à l’univers

Comme la tempête et comme l’orage :
Tout éclate, se brise et se tue.
Meurent : ce qui est, ce qui fut !
Je ne verrais plus jamais ton visage…

Depuis si longtemps
Je t’attends
Mais tu n’es plus là !



dimanche 16 décembre 2007

Fil conducteur : la beauté


Hymne à la beauté
Charles Baudelaire

Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l'abîme,
Ô Beauté ! ton regard, infernal et divin,
Verse confusément le bienfait et le crime,
Et l'on peut pour cela te comparer au vin.


Tu contiens dans ton oeil le couchant et l'aurore ;
Tu répands des parfums comme un soir orageux ;
Tes baisers sont un philtre et ta bouche une amphore
Qui font le héros lâche et l'enfant courageux.


Sors-tu du gouffre noir ou descends-tu des astres ?
Le Destin charmé suit tes jupons comme un chien ;
Tu sèmes au hasard la joie et les désastres,
Et tu gouvernes tout et ne réponds de rien.


Tu marches sur des morts, Beauté, dont tu te moques ;
De tes bijoux l'Horreur n'est pas le moins charmant,
Et le Meurtre, parmi tes plus chères breloques,
Sur ton ventre orgueilleux danse amoureusement.


L'éphémère ébloui vole vers toi, chandelle,
Crépite, flambe et dit : Bénissons ce flambeau !
L'amoureux pantelant incliné sur sa belle
A l'air d'un moribond caressant son tombeau.


Que tu viennes du ciel ou de l'enfer, qu'importe,
Ô Beauté ! monstre énorme, effrayant, ingénu !
Si ton oeil, ton souris, ton pied, m'ouvrent la porte
D'un Infini que j'aime et n'ai jamais connu ?


De Satan ou de Dieu, qu'importe ? Ange ou Sirène,
Qu'importe, si tu rends, - fée aux yeux de velours,
Rythme, parfum, lueur, ô mon unique reine ! -
L'univers moins hideux et les instants moins lourds ?

Peinture numérique Florian Schneider