samedi 17 novembre 2007

Fil conducteur : la douceur maternelle


A ma mère
Alfred de Musset (1810-1857)


« Après un si joyeux festin,
Zélés sectateurs de Grégoire,
Mes amis, si, le verre en main
Nous voulons chanter, rire et boire,
Pourquoi s'adresser à Bacchus ?
Dans une journée aussi belle
Mes amis, chantons en " chorus "
A la tendresse maternelle.

Un don pour nous si précieux,
Ce doux protecteur de l'enfance,
Ah ! c'est une faveur des cieux
Que Dieu donna dans sa clémence.
D'un bien pour l'homme si charmant
Nous avons ici le modèle ;
Qui ne serait reconnaissant
A la tendresse maternelle ?

Arrive-t-il quelque bonheur ?
Vite, à sa mère on le raconte ;
C'est dans son sein consolateur
Qu'on cache ses pleurs ou sa honte.
A-t-on quelques faibles succès,
On ne triomphe que pour elle
Et que pour répondre aux bienfaits
De la tendresse maternelle.

Ô toi, dont les soins prévoyants,
Dans les sentiers de cette vie
Dirigent mes pas nonchalants,
Ma mère, à toi je me confie.
Des écueils d'un monde trompeur
Écarte ma faible nacelle.
Je veux devoir tout mon bonheur
A la tendresse maternelle. »


Pastels - Claude Carvin


vendredi 16 novembre 2007

Fil conducteur : le regard


Marée haute
Marc Heddebaux

J'ai vu tes yeux marée haute.
A faire pâlir le ciel d'être bleu,
à faire fondre la lumière d'être deux.
J'ai vu tes yeux marée haute
s'ouvrir si grand que les mers
s'ouvrir si grand que la terre
s'y perdraient au fond d'eux.
J'ai vu tes yeux marée haute
me parler bien mieux
que des mots d'amoureux.
J'ai vu tes yeux marée haute
déborder de chants heureux
comme les blancs coquillages
dans les rêves d'enfants sages.
J'ai vu tes yeux marée haute
dans le creux de mon cou
et leurs vagues salées couler sur ma joue.
Alors je me suis allongé sur ta plage
pour creuser mon sillage
jusqu'au fond de tes eaux,
et quand tu t'es retirée, je n'étais plus là.

jeudi 15 novembre 2007

Fil conducteur : l'abandon

Liberté
Otto Kadlecsovics

Abandon
Poème court sur la Liberté
David Myriam


Tout abandonner
tout t’abandonner
toute abandonnée
laisser tout ce qui n’est pas moi
laisser crever tout ce qui m’a déformée
laisser se décomposer tout ce qui m’a mise à plat
laisser monter une autre forme
laisser parler l’inspiration hors de toute norme
laisser s’envoler la beauté qui sort de mes fibres
Respiration
tout abandonner
tout donner
être libre.


Nirwana
Otto Kadlecsovics

mardi 13 novembre 2007

Fil conducteur : l'esprit libre

Below_the_Rust
Mickaël zancan

Esprit libre
Pierre LIG

Ces murs sont des barrières,
Seulement pour la lumière,
L’esprit, quant à lui veut partir
Laisse-le sortir, c’est là-bas qu’il respire.

Il vole et emplit l’atmosphère,
Derrière ce voile de verre,
Il s’envole et traverse,
Là, plus rien ne t’oppresse,

Le parfum des nuages
Et le son des oiseaux,
T’emmènent plus haut
Plus haut que les feuillages.



Garden_of_Giants
Mickaël zancan

lundi 12 novembre 2007

Fil conducteur : le silence

Silence au fond d'un sablier
Peinture : Kazuhiko Nakamura


::: Chut, et silence ! :
::::: Poème de Philistin Panger :::

Le bruit a gagné le combat
Et le silence doit se taire.
Nombreux sont ici bas
Qui le vacarme préfèrent.

Quelle peut être cette crainte
qu’il nous faut trahir,
cette solitude feinte
et par des sons se mentir ?

Le silence, c’est l’écoute,
l’entente de son pareil.
Le bruit sans aucun doute
torture nos oreilles.

Il faut donc des morts
pour qu’on s’accorde une minute
et hurler nos remords
avant l’ultime chute ?

Pourtant les rêves des hommes
sont fait de poésies
dans lesquelles raisonnent
bien plus de silence que de bruit.

Et la beauté se contemple
dans un absolu silence.
Elle devient bien plus ample
et beaucoup plus intense.

Lorsqu’elles sont immenses
Les joies sont des cris.
Mais c’est bien dans le silence
que le bonheur s’apprécie.

Les bruits ont bien souvent tort
et qu’importe l’offense,
je le dis haut et fort
Chut, et Silence.

Inutile désert de vide
Michaël Zancan

dimanche 11 novembre 2007

Fil conducteur : le temps qui passe

Le temps qui passe
Béatrice DJERROUD

Le tic-tac incessant
Me résonne dans la tête
Comme un insecte bourdonnant.
Je ne suis plus à la fête
Car obsédée par les secondes
Qui s'égrennent sans relâche,
Plus vite que ne coule l'onde.
Le temps accomplit sa tâche,
Régulier, blessant et éternel.
La vieille dame assise et courbée
N'est plus la jeune fille si belle
D'autrefois: les rides sont creusées.
Le métronome claque,
Les années s'écoulent.
L'incessant tic-tac
Dans ma tête devient trouble.
Les souvenirs s'envolent
Tels des feuilles d'automne
Vers une terre frivole.
Tic-tac, claque le métronome.