samedi 10 novembre 2007

Fil conducteur : les sables mouvants


Jacques Prévert
- Sables mouvants

Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déjà la mer s'est retirée
Et toi
Comme une algue doucement caressée par le vent
Dans les sables du lit tu remues en rêvant
Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déjà la mer s'est retirée
Mais dans tes yeux entrouverts
Deux petites vagues sont restées
Démons et merveilles
Vents et marées
Deux petites vagues pour me noyer.

vendredi 9 novembre 2007

Fil conducteur : la poussière et la vie

Poussière
Félix Boule

Elle me réduit en cendres et m'éparpille au vent
Je ne suis que poussière dans le creux de sa paume
Si légère poussière son souffle qui embaume
Me déverse et m'exhale sur son corps en rêvant

Sa paume lit froissé où je dors avec l'or
Des étoiles pensives qui s'y sont abritées
Sa paume aux draps lilas où nos mots inventés
S'entrecroisent en jets d'eau dans les traits de nos sorts
Que ne suis-je poussière dans ses doigts en corolle
Elle sait me tenir ou bien ouvrant sa main
Faire que je sois semence au gré de son dessein
Je vogue sur son souffle je deviens sa parole



jeudi 8 novembre 2007

Fil conducteur : la pureté de l'enfant



Lorsque l'enfant paraît - (Victor Hugo)

Lorsque l'enfant paraît le cercle de famille
Applaudit à grands cris ; son doux regard qui brille
Fait briller tous les yeux,
Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être ?
Se dérident soudain à voir l'enfant paraître,
Innocent et joyeux.

Enfant vous êtes l'aube et mon âme est la plaine
Qui des plus douces fleurs embaume son haleine
Qu'on ose pas toucher,
Quand l'enfant vient, la joie arrive et nous éclaire
On rit, on se récrie, on l'appelle et sa mère
Tremble à le voir marcher...

Les yeux des enfants ont une douceur infinie,
Et leur petites mains, joyeuses et bénies,
Ignorent le mal encore !
Jamais, vos jeunes pas n'ont touché notre fange,
A l'auréole d'or !

La nuit lorsque tout dort, quand l'esprit rêve, à l'heure
Où l'on entend parfois une petite voix qui pleure,
Sur des ailes d'azur,
Sans le comprendre encore, vous explorez le monde.
Double virginité : corps où rien n'est immonde,
Ame où rien n'est impur !

Il est si beau l'enfant avec son doux sourire,
Ses deux grands yeux ouverts qui ne savent pas mentir.
Dans le mal triomphant :
Préserve-moi Seigneur, d'été sans fleurs vermeilles,
De cage sans oiseaux, de ruche sans abeilles,
D'une Maison sans enfants ...

(Les feuilles de l'Automne, XIX)

mercredi 7 novembre 2007

Fil conducteur : le clair de lune


Clair de lune
Recueil Fêtes galantes
Paul VERLAINE (1844-1896)

Votre âme est un paysage choisi
Que vont charmant masques et bergamasques
Jouant du luth et dansant et quasi
Tristes sous leurs déguisements fantasques.

Tout en chantant sur le mode mineur
L'amour vainqueur et la vie opportune,
Ils n'ont pas l'air de croire à leur bonheur
Et leur chanson se mêle au clair de lune,

Au calme clair de lune triste et beau,
Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres
Et sangloter d'extase les jets d'eau,
Les grands jets d'eau sveltes parmi les marbres.


mardi 6 novembre 2007

Fil conducteur : le désir d'écrire et le temps qui passe


Dans Le Marteau sans maître, 1934
Commune présence
René Char

Tu es pressé d'écrire,
Comme si tu étais en retard sur la vie.
S'il en est ainsi fais cortège à tes sources.
Hâte-toi.
Hâte-toi de transmettre
Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance.
Effectivement tu es en retard sur la vie,
La vie inexprimable,
La seule en fin de compte à laquelle tu acceptes de t'unir,
Celle qui t'est refusée chaque jour par les êtres et par les choses,
Dont tu obtiens péniblement de-ci de-là quelques fragments
décharnés
Au bout de combats sans merci.
Hors d'elle, tout n'est qu'agonie soumise, fin grossière.
Si tu rencontres la mort durant ton labeur,
Reçois-là comme la nuque en sueur trouve bon le mouchoir aride,
En t'inclinant.
Si tu veux rire,
Offre ta soumission,
Jamais tes armes.
Tu as été créé pour des moments peu communs.
Modifie-toi, disparais sans regret
Au gré de la rigueur suave.
Quartier suivant quartier la liquidation du monde se poursuit
Sans interruption,
Sans égarement.
Essaime la poussière
Nul ne décèlera votre union.


lundi 5 novembre 2007

Fil conducteur : l'esprit pur et la sagesse


Sagesse
Thewolf

La lumière du soleil éclaire ton âme,
Ton doux visage se dessine dans le ciel,
Tu nous inondes de ton esprit pur,
Par ces pétales de fleurs,
L'esprit de l'ours au loin te regarde,
Il sait ainsi que la sagesse est au plus profond de toi,

La forêt toute entière te vénère,
L'amour pour la terre,
L'amour pour les autres,
L'amour pour les animaux,
L'amour pour tes ancêtre,

Cet amour fait de toi un être plein de bonté,
Un être que la paix et la sérénité habitent,
Un être que le Grand Esprit protège



Magie du soir - Emmanuel Garant

dimanche 4 novembre 2007

Fil conducteur : le travail vers la sérénité

Sérénité
Jacques Prévost

A l'aurore du jour prochain,
La rose neuve de ma vie,
Un à un déplie ses pétales,
La beauté de la rose, c'est la joie du rosier.
A jamais je suis le rosier.
-
Sous l'écrasant soleil de Juin,
La rose ouverte de ma vie,
Un à un délie ses pétales,
Le parfum de la rose, c'est la voix du rosier.
A jamais je suis le rosier.
-
Dans l'air parfumé du serein,
La rose passée de ma vie,
Un à un oublie ses pétales.
Le destin de la rose, c'est la croix du rosier.
A jamais je suis le rosier.
-
En l'attente du clair matin,
Le nouveau bourgeon de la vie,
Un à un mûrit ses pétales,
Chaque jour une rose, c'est la loi du rosier.
A jamais je suis le rosier.
-
Au delà de la rose, demeure le rosier.
A jamais je suis le rosier.
-

Jacques Prévost ( Poèmes pour l'an 2000 - Extraits)