samedi 27 octobre 2007

Fil conducteur: le ciel, les planètes et les éléments

Roland Cat


L'on verra s'arrêter le mobile du monde
Madeleine de l'Aubespine

L'on verra s'arrêter le mobile du monde,
Les étoiles marcher parmi le firmament,
Saturne infortuné luire bénignement,
Jupiter commander dedans le creux de l'onde.

L'on verra Mars paisible et la clarté féconde
Du Soleil s'obscurcir sans force et mouvement,
Vénus sans amitié, Stilbon sans changement,
Et la Lune en carré changer sa forme ronde,

Le feu sera pesant et légère la terre,
L'eau sera chaude et sèche et dans l'air qui l'enserre,
On verra les poissons voler et se nourrir,

Plutôt que mon amour, à vous seul destinée,
Se tourne en autre part, car pour vous je fus née,
Je ne vis que pour vous, pour vous je veux mourir.

vendredi 26 octobre 2007

Fil conducteur : le secret de la vie


La métamorphose de Narcisse - Dali


LE SECRET DE LA VIE 1886
Extrait Des Poèmes tragiques

Par Leconte De Lisle


Le secret de la vie est dans les tombes closes :
Ce qui n'est plus n'est tel que pour avoir été ;
Et le néant final des êtres et des choses
Est l'unique raison de leur réalité.
Ô vieille illusion, la première des causes!
Pourquoi nous éveiller de notre éternité,
Si, toi-même n'étant que leurre et vanité,
Le secret de la vie est dans les tombes closes?

Hommes, bêtes et dieux et monde illimité,
Tout cela jaillit, meurt de tes métamorphoses.
Dans les siècles, que tu fais naître et décomposes,
Ce qui n'est plus n'est tel que pour avoir été.
À travers tous les temps, splendides ou moroses,
L' esprit, rapide éclair, en leur vol emporté,
Conçoit fatalement sa propre inanité
Et le néant final des êtres et des choses.

Oui ! Sans toi, qui n' es rien, rien n' aurait existé :
Amour, crimes, vertus, les poisons ni les roses.
Le rêve évanoui de tes oeuvres écloses
Est l' unique raison de leur réalité.
Ne reste pas inerte au seuil des portes closes,
Homme ! Sache mourir afin d' avoir été ;
Et, hors du tourbillon mystérieux des choses,
Cherche au fond de la tombe, en sa réalité,

Le secret de la vie.


Le bucheron et la mort

La matrice

jeudi 25 octobre 2007

Fil conducteur : la vérité

La vérité sortant du puits , tableau dreyfusard par Édouard Debat-Ponsan


Songe Vrai

Tu cherche encore la vérité
C'est une soif jamais rassasiée
Je te regarde faire, je t'entends dire
Ou bien te taire c'est encore pire.

À minuit ce soir, minuit tapant
Je te dirai qui je suis vraiment
À minuit seulement, pas avant
Ce soir, le fuyard c'est le temps.

Tu dois saisir la vérité
À la frontière du songe et de la réalité
Le Croque-Mensonge va venir
Tu n'auras pas le temps de rougir

Pour tout aveu, pour tout serment
Tu entendras deux mots tranchants
Je t'aime ! Est-ce trop violent?
Je n'ai pas d'autre argument.

Minuit passé tu vas t'assoupir
Me garderas-tu une pensée
Le vrai, le faux vont s'unir
L'amour est une histoire inventée.

Ecrit par HOBO

mercredi 24 octobre 2007

Fil conducteur : l'élévation

Janmot - L'envol de l'âme

Janmot - Le mauvais sentier



L'élévation
Charles Baudelaire
(Les fleurs du mal)

Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,

Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.

Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
Va te purifier dans l'air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élancer vers les champs lumineux et sereins ;

Celui dont les pensée, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
- Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes !

mardi 23 octobre 2007

Fil conducteur : au gré du fil du jour


Les nuées silencieuses s'évanouissent en rosée
Dardées des premiers jets de l'Astre incandescent..
L'horizon se construit en touches déposées
De couleurs inouïes sur des traînées de sang.

Quand s'éveille le jour pour oublier la nuit
La rumeur éperdue des êtres en mouvement
Célèbre le mystère inquiétant de la vie
Et ce nouvel espoir est porté par le vent.

Mais l'aube n'attends rien de ces moments de grâce.
La bête immonde rit, et sous le firmament
Les vivants se déchirent en vains combats de races.

Quand vient le petit jour et ses débris fumants
La nature est en deuil et se voile la face
Quand sa triste beauté, violée, veille un mourant..


lundi 22 octobre 2007

Fil conducteur : le roc


Le roc
La petite sirène
Je m’étais attachée à un roc impétueux,
J’admirais ses contours compliqués et sinueux,
Son intérieur bien trempé, d’apparence harmonieuse,
Ses formes fermement, voluptueusement gracieuses,
J’ai ondulé, petite sirène accueillante et vibrante,
Dans l’eau de ses couleurs intimes changeantes.

J’ai certainement voulu jouer à resculpter,
Ce que j’aurais voulu avoir en face-à-main,
Que je possède résolument dans mon coeur,
Mais n’ai plus sensuellement, à portée de main,
Pour ne pas rester, en toute inconscience,
De mon âme, par Amour, dépossédée, demain.

Mais le rocher n’est pas pâte à modeler !
Les sentiments font l’extrême différence,
Entre le froid rocher et l’Etre empli d’humanité !
Le rocher ne peut bouger, ne peut se changer,
Immuable, figé, statique, intemporel, intempérant,
Subit seul l’usure et l’affront de l’érosion du temps.

J’ai parlé seule si longtemps à un vieux cailloux !,
Jusqu’à être croyante en sa prétendue intelligence...
Je n’étais pas, de pierre toute nue revêtue,
Lorsque j’ai patiemment remodelé, Mon jardin Intérieur,
Petit bout de femme d’argile, qui a fait explosé son coeur,
Sous le choc de la Force de l’apparence fragile qui tue,
Le chemin vers la Paix, la Lumière de l’Harmonie,
M’a été, Tout à la fois long, difficile, douloureux et doux !

L’infinie récompense : je sais aujourd’hui, enfin qui je Suis,
Et l’Etre de pleine conscience que je veux Devenir,
Un Etre très Humain mi-terre, mi-eau : mystérieux Iceberg,
Femme-Poisson dont la tête s’est reliée à la Terre,
Au-dehors, roc, miroir fidèle, où l’Autre trouve ses limites,
Au-dedans, volcan infini d’Amour et de sentiments,
Ou l’Autre sera désormais, non en Fusion,
Mais essentiellement respectueusement l’Hôte,
Entre les deux la rivière de la Vie et de l’Equilibre !

Je vous Aimé, Ami rocher,
Je vous Aimé, Ami Volcan,
Parce que vous faisiez partie de Moi,
Mais, vous préférez la solitude égoïste du pharisien froid,
Ou l’explosion de la tempête égotiste sur Moi,
Je vous ai Aimé tous deux,
Comme vous avez probablement aimé en moi certain reflet de vous,

Aujourd’hui j’ai appris à Aimer différemment,
En Aimant la Fusion avec la Vie,
L’Essentiel ne se trouve pas dans ce que l’on voit,
Ni dans ce qui est invisible à nos yeux,
C’est le lien tissé entre les deux : la rivière sous-terraine.
A vous, Ami Roc, de ne pas vous laisser grignoter par Elle.


dimanche 21 octobre 2007

Fil conducteur : la matrice


* Lecture du Calligramme: de gauche à droite.

Fin d’un Long Sommeil,
C’est le Réveil,
Eveil de tous les Sens,
Nouvelle Naissance,
Quitter le Sanctuaire,
Retour vers la Lumière.