samedi 20 octobre 2007

Fil conducteur : l'or qui suis-je?


L'or
Alphonse BEAUREGARD
(1881-1924)

Je suis l'or, simulacre étrange de la vie,
Mode ultime de l'énergie
Que l'homme, prolongeant l'élan primordial,
Conçut pour insuffler une âme subalterne
À la matière qu'il gouverne,
À ses créations de fibre et de métal.

Je circule parmi les rêves
Et ceux que je touche se lèvent
Matérialisés en fantasques moissons
D'oeuvres d'art, de maisons,
De vin clair qui chatoie,
D'instruments et de pain, de bijoux et de soie.

Je suis un rayon de soleil
Qui paraît et métamorphose,
Autour de l'homme, toutes choses :
Un amas de charbon en un boudoir vermeil,
Une source chantante en écheveaux de laine,
Une plaque de bronze en essaim de phalènes.

Je suis une vibration
Qui répercute au loin l'effort de la matière.
Une machine impose au fer des torsions,
La masse tombe et fend la pierre,
Et par moi, quelque part, s'allongeront des bras,
Des outils couperont, la vapeur luttera.

Je suis une idée en voyage
Qui se transforme en acte et de lui se dégage.
Après m'être incarné dans le cuir ou le plomb
J'en sors pour quelque randonnée.
Je suis un mouvement né d'un autre, fécond
Dans le rythme éternel des forces alternées.

J'accours où voltige l'espoir,
Où les dieux ont juré de capter l'eau dansante
Et d'enchaîner la flamme au fond des antres noirs.
Je brille et des cités s'étalent, débordantes ;
Il rôde dans les champs de grands trains annelés,
Les grains percent le sol, des rocs sont descellés.


Subitement les murs fléchissent, les fenêtres
Semblent des orbites de morts.
On se demande avec angoisse : Où donc est l'or ?
Je suis caché dans l'ombre, inutile à mes maîtres.
Leur foi seule était mon soutien,
Ils ont tremblé, je ne suis rien.


vendredi 19 octobre 2007

Fil conducteur : écoute


Vice

Entendre et
parler
Percevoir les silences
Et se taire
Sans un cri
En harmonie avec soi
Féminité et masculinité
en un seul
visage
Font l'amour sous la lune
de nos
âmes
La lune au coeur de nos
tentatives de communication
cycle éternel de l'
expiration et
de l'
inspiration

et Versa

Une longue marche,
Pieds nus,
Dans l'herbe du printemps
En osmose avec l'environnement
Simple écoute de la Terre
Où l'oreille filtre nos sensations
Pour n'entendre que ton murmure
L'équilibre fragile de nos perceptions
Sinus-oïdale de nos humeurs
En un reniflement d'humour

jeudi 18 octobre 2007

Fil conducteur : l'éphémère


L’aube furtive
s’échappe et se perd
le vent passant
ne revient plus
l’eau du fleuve
toujours se renouvelle
les nuages incertains
se subliment déjà
l’herbe si verte
rare est devenue
ta tendresse attentive
se flétrit
et s’efface

Qu'il est douloureux
d'ouvrir les mains
sur le vide obscur
et rien ne pouvoir offrir
que sa peine infinie
et rien ne recevoir
que le silence pauvre
d'amours perdus

mercredi 17 octobre 2007

Fil conducteur : l'ange déchu.


Je vivais sans coeur...
Jules BARBEY D'AUREVILLY (1807-1889)

Je vivais sans coeur, tu vivais sans flamme,
Incomplets, mais faits pour un sort plus beau ;
Tu pris de mes sens, - je pris de ton âme,
Et tous deux ainsi nous nous partageâmes :
Mais c'est toi qui fis le meilleur cadeau !

Oui ! c'est toi, merci... C'est toi, sainte femme,
Qui m'as fait sentir le profond amour...
Je mis de ma nuit dans ta blancheur d'âme,
Mais toi, dans la mienne, as mis le grand jour !

Je tombais, tombais... Cet ange fidèle
Qui suit les coeurs purs ne me suivait pas...
Pour me soutenir me manquait son aile...
Mais Dieu m'entr'ouvrit ton coeur et tes bras !

Et j'aime tes bras... tes bras mieux qu'une aile ;
Car une aile, hélas ! sert à nous quitter :
L'ange ailé s'en va, lorsque Dieu l'appelle...
Tandis que des bras servent à rester !

mardi 16 octobre 2007

Fil conducteur : la perfidie


Charmeur,
Embobineur,
Manipulateur,
Menteur...

Pervers machiavélique
Causant de bien mauvais présages,
Qui pourtant paraît bien sage,
Et qui, hélas, est bien pathétique.

Une fois consommée, vous serez délaissée..
Une fois consommée, vous ne vivrez qu'instabilité..
Une fois consommée, vous ne subirez que négativité..
Une fois consommée, vous serez envahie de morosité..

Personnage perfide, mais malin,
Sans cesse assoiffé de conquêtes sans destin,
Cachant ainsi et sans nul doute pure lâcheté.
Stop à la médiocrité !

lundi 15 octobre 2007

Fil conducteur : la mer...ou la mère et l'enfant


Vénus démasquée

Vénus non seulement me livre
Ses secrets, mais ceux de sa mère :
Jadis je regardais la mer
Comme regarderait les livres

Un enfant qui ne sait pas lire.
Vénus, sans l'aide d'une mère,
D'être venue aux cieux déments
Se vante. Il faut souffrir, déesse,

Qu'un simple élève vous démente.
M'apprendre à lire couramment
Les vagues de la mer qui sont
Maternelles rides d'un ventre,

Voilà bien de vos maladresses !
Et celle d'un naïf garçon
Est ma vengeance : pour le prix
De vos dangereuses leçons,

À me lire je vous appris.

dimanche 14 octobre 2007

Fil conducteur : le sexe doux et tendre



Belle, Zen , aérienne, détachée...
Egale à elle-même mais en Mieux!