dimanche 30 décembre 2007

Fil conducteur : les falaises d'Etretat

Etretat

Fil conducteur : la raison



La raison
Lune

Tout ce que je ne suis pas..
Tout ce que j'aimerai être..
Tout ce que je n'ai pas..
Tout ce que j'aimerai lui offrir..
Tout me ramène à cela...
Ce que je ne serais jamais..
Un monde nous sépare..
La distance ajoutée, n'arrange rien..
ne me laisse aucun espoir..
Il a l'air si parfait.. même dans ses défauts..
La petite voix tout au fond de moi, me murmure d'écouter mon coeur..
La raison me demande de partir en courant..
La raison...
Que sait t-elle de l'amour..
Elle ignore tout de la douceur.. et se méfie du mystère..
La raison m'affirme haut et fort que je ne l'aime pas..
C'est tout ce qu'il y a justement autour qui m'enflammerai..
La raison, me fait faire ce que je dois, jour après jour..
Me maintient.. que je le veuille .. ou non..la tête hors de l'eau..
Et dans mes moments de douce folies... je me laisse emporter
par mes rêves chimeriques...
Auprès de cet inconnu.. invisible, invincible...
Ami, ou ennemi..
à quoi sert de suivre l'arc en ciel..
Quand on sait d'avance que l'on ne l'atteindra jamais..
Si ce n'est pour se laisser éblouir par sa beauté..
et illuminer le chemin déjà difficile..
La raison m'affirme qu'il ne m'est pas destiné..
Et je réponds, qu'elle a raison..
Mais je lui supplie de me laisser encore rêver..
Rêver que rien ne sera plus pareil, qu'il n'est que douceur..
La raison n'a pas de coeur..
Que lui importe, le sens du vent..
Le chant d'un oiseau..
le mystère d'un ciel chatoyant...
Un silence qui en dit long..
La raison n'a de sens que face à la folie douce...
La folie qui m'emporte chaque instant ..
teinte ma vie de bleu..
et de roses parfumées..
douceurs ephémères..
délices qui font de moi..
Juste une femme.

mercredi 26 décembre 2007

Fil conducteur : le repos et l'absence

One hundred years of solitude by Xia Meimei

Repos
Gaétan STE-MARIE

Ce soir j'ai froid, très froid
Dans mon coeur, dans mon âme

J'ai mal partout
Mon coeur palpite
Mes mains temblent
Mes bras s'alourdissent
Mes jambes plient

C'est le crépuscule
Le début des derniers souffles
La décroissance
De penser, de dire, de faire, de vivre

Pour toi
Pour vous
J'ai arraché le saule
Déplacé le roc
Sillonné la terre et fait jaillir la source
J'ai taillé la pierre
Façonné le bois, élevé les murs
Préparé le feu

D'aube à nuit
J'ai besogné sans repos
Sans flancher ni exiger

Ce soir j'ai froid
Transi de solitude, apeuré par elle
Et déchiré par d'éprouvants silences

J'ai froid devant l'échéance, le bilan

Vous m'avez laissé
Les champs
La vieille barrière
Les murs craqués
Les pierres mortes
Quelques bûches
Et surtout votre cruelle absence

Toute la vie, ma vie visait à prodiguer
Mais vous, vous vouliez
Rire
Partager
Aimer

Je n'étais pas disponible
Je travaillais

Il se fait tard
Et personne pour écouter

C'est l'heure du repos
Elle arrive

Je me reposerai seul
Longtemps
Toujours.




dimanche 23 décembre 2007

Fil conducteur : la douleur de l'alter ego


Mon Alter Ego ...
Mélancholia

Balladin, tu m'as volé mon âme d'infante,
Tu me poursuis, me pourchasses et me hantes,
Par-dessus, le ciel rosé du petit matin levant,
Le vide de Toi, au creux du ventre, lancinant,


Comme ces oiseaux tous de noir endeuillés,
Dans l'infinie tristesse de la campagne glacée,
A la recherche d'une maigre et terrestre pitance,
Je suis, sans fin, dans ce paysage, en errance,


Dans ce ciel de coton blanc de la brume de silence,
Te rejoindre dans l'au-delà de cette terre de souffrance,
Me perdre, me fondre, de ma carcasse d'humaine,
M'envoler, pour mettre fin à cette insupportable Peine,


Le blanc du froid hiver congèle petit à petit mon coeur,
Mon esprit vide se fige dans des efforts d'inhumain labeur,
Mon âme est revêtue du noir de l'épouvantail de l'abandon,
Charriant l'eau rouge de mon sang coagulé en glaçons.





On peut aussi arrêter la petite sonate au clair de lune de Beethoven en cliquant ici :

Fil conducteur : les couleurs de la vie


Les couleurs de la vie
Gaffiat Frédéric

Floues,
comme l'incertitude de l'avenir
dans cette syntaxe primaire
de couleurs changeantes,
teintées par l'esprit de l'instant !

Bleues,
comme ce ciel
qui se mire dans une mer peu profonde
où l'azur se confond dans l'onde
caeruleum de l'infini !

Vertes,
comme cette branche
dont les feuilles parfois nous rappellent
se teintant d'automne,
que rien n'est éternel !

Rouges,
comme ce sang
s'écoulant de tes mains, de ton corps,
tous les jours, chaque mois,
entachant ce dessein, boréal, changeant !

Blanches,
comme la neige
qui mélange les couleurs et atténue de sa pureté
les immondices issus de notre race ;
pour un semblant d'virginité !

Noires,
comme ce trou
que l'on creuse, chaque instant
d'une synthèse additive,
dûe à l'absence de raison !

Troublées,
comme notre vision
aux couleurs de base,
d'une synthèse soustractive
à pulsion fondamentale !

Cyans,
comme le doux regard
de la femme que j'aime,
au fond pur et lumineux
faisant naître une fleur, l'espoir !

Magentas,
comme ce fuchsia
d'où viennent d'éclore mille pétales,
aux clochettes teintantes
du parfum du bonheur !

Jaunes,
comme ce nectar au goût de miel,
répandant sa douceur
dans ma gorge, dans mon coeur,
d'où s'échappe cette couleur !

Noires,
comme ces instants volés,
barbouillés de bonheur
aux couleurs de l'amour
quand se mélangent nos nuits !

Blanches,
comme ta peau satinée,
où mes mains aiment glisser
caressant en leurs seins,les sens de tes désirs !

Rouges,
comme tes lèvres sensuelles,
que j'aime savourer éclaboussant ma vie
aux couleurs de l'amour !

Une synthèse
qui dessine notre vie
d'une pureté chatoyante,
aux couleurs de l'envie,
de l'albâtre et du temps...

lundi 17 décembre 2007

Fil conducteur : l'absence ou l'envol

Ode à l’absente : Comme le reflux de l’Océan
Jean-Youri
Comme le reflux de l’Océan
Emportant avec lui l’eau salée des larmes
Versée à chaque départ d’une âme,
Tout s’évanouit dans l’infiniment grand…

Comme le vent agitant la houle
Mes souvenirs troublent mon esprit :
J’ai oublié comment l’on rit.
Pourtant, le temps s’écoule…

Comme l’oiseau survolant la mer
Je contemple la vie autour de moi
Tout est si vide sans toi
Je me sens étranger à l’univers

Comme la tempête et comme l’orage :
Tout éclate, se brise et se tue.
Meurent : ce qui est, ce qui fut !
Je ne verrais plus jamais ton visage…

Depuis si longtemps
Je t’attends
Mais tu n’es plus là !



dimanche 16 décembre 2007

Fil conducteur : la beauté


Hymne à la beauté
Charles Baudelaire

Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l'abîme,
Ô Beauté ! ton regard, infernal et divin,
Verse confusément le bienfait et le crime,
Et l'on peut pour cela te comparer au vin.


Tu contiens dans ton oeil le couchant et l'aurore ;
Tu répands des parfums comme un soir orageux ;
Tes baisers sont un philtre et ta bouche une amphore
Qui font le héros lâche et l'enfant courageux.


Sors-tu du gouffre noir ou descends-tu des astres ?
Le Destin charmé suit tes jupons comme un chien ;
Tu sèmes au hasard la joie et les désastres,
Et tu gouvernes tout et ne réponds de rien.


Tu marches sur des morts, Beauté, dont tu te moques ;
De tes bijoux l'Horreur n'est pas le moins charmant,
Et le Meurtre, parmi tes plus chères breloques,
Sur ton ventre orgueilleux danse amoureusement.


L'éphémère ébloui vole vers toi, chandelle,
Crépite, flambe et dit : Bénissons ce flambeau !
L'amoureux pantelant incliné sur sa belle
A l'air d'un moribond caressant son tombeau.


Que tu viennes du ciel ou de l'enfer, qu'importe,
Ô Beauté ! monstre énorme, effrayant, ingénu !
Si ton oeil, ton souris, ton pied, m'ouvrent la porte
D'un Infini que j'aime et n'ai jamais connu ?


De Satan ou de Dieu, qu'importe ? Ange ou Sirène,
Qu'importe, si tu rends, - fée aux yeux de velours,
Rythme, parfum, lueur, ô mon unique reine ! -
L'univers moins hideux et les instants moins lourds ?

Peinture numérique Florian Schneider

vendredi 14 décembre 2007

Fil conducteur : la vacuité


UNE VACUITÉ PARFAITE
Par PASCAL PERROT

Cultiver le vide en soi
Le vide n'est pas le Rien
Qui envahit et dévore
Le vide est pur et léger

Cultiver le vide en soi
Pour que dans la comédie
Du monde soudain surgisse
Une personne réelle

Cultiver le vide en soi
Pour libérer l'étendue
Du ressac des souvenirs
Et faire place à la Vie

Cultiver le vide en soi
Une vacuité parfaite
En laquelle prendra place
Le miracle inattendu


jeudi 13 décembre 2007

Fil conducteur : l'oubli

L'oubli
José-Maria de HEREDIA

Le temple est en ruine au haut du promontoire.
Et la Mort a mêlé, dans ce fauve terrain,
Les Déesses de marbre et les Héros d'airain
Dont l'herbe solitaire ensevelit la gloire.

Seul, parfois, un bouvier menant ses buffles boire,
De sa conque où soupire un antique refrain
Emplissant le ciel calme et l'horizon marin,
Sur l'azur infini dresse sa forme noire.

La Terre maternelle et douce aux anciens Dieux
Fait à chaque printemps, vainement éloquente,
Au chapiteau brisé verdir une autre acanthe ;

Mais l'Homme indifférent au rêve des aïeux
Ecoute sans frémir, du fond des nuits sereines,
La Mer qui se lamente en pleurant les sirènes.



L'oubli d'Angélique Joao ou le détachement de son entourage

dimanche 25 novembre 2007

Fil conducteur : la dame en noir



La dame en noir
Pierre Degas

Belle dame en noir
Dans son beau manoir
Aux murs décorés
Au toit dégagé !
La pluie y pénètre
En toute douceur
Chaque centimètre
Lui comble le cœur
Seule dans les bois
Loin de toutes lois
En belle harmonie
La vie lui sourit.


vendredi 23 novembre 2007

Fil conducteur : le calme

QUE TON CŒUR SE CALME
EsteBan Hache

Que ton cœur se calme, se rassure
Car de ce sentiment limpide et d'azur
Vient de deux êtres la compréhension
Base solide effaçant toute tension
Alors de cet aura apparant, le bonheur
Force de notre amour : cohésion à toute heure !


jeudi 22 novembre 2007

Fil conducteur : le clair de lune



Clair de Lune
Paul Verlaine

Votre âme est un paysage choisi
Que vont charmant masques et bergamasques
Jouant du luth et dansant et quasi
Tristes sous leurs déguisements fantasques.
Tout en chantant sur le mode mineur
L'amour vainqueur et la vie opportune
Ils n'ont pas l'air de croire à leur bonheur
Et leur chanson se mêle au clair de lune,
Au calme clair de lune triste et beau,
Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres
Et sangloter d'extase les jets d'eau,
Les grands jets d'eau sveltes parmi les marbres.



Fil conducteur : la joie et la tristesse


Chanson de Jean Ferrat, paroles d'Aragon

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un cœur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement

J'ai tout appris de toi sur les choses humaines
Et j'ai vu désormais le monde à ta façon
J'ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines
Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines
Comme au passant qui chante on reprend sa chanson
J'ai tout appris de toi jusqu'au sens du frisson

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un cœur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement
J'ai tout appris de toi pour ce qui me concerne
Qu'il fait jour à midi qu'un ciel peut être bleu

Que le bonheur n'est pas un quinquet de taverne
Tu m'as pris par la main dans cet enfer moderne
Où l'homme ne sait plus ce que c'est qu'être deux
Tu m'as pris par la main comme un amant heureux

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un cœur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement

Qui parle de bonheur a souvent les yeux tristes
N'est-ce pas un sanglot de la déconvenue
Une corde brisée aux doigts du guitariste
Et pourtant je vous dis que le bonheur existe
Ailleurs que dans le rêve ailleurs que dans les nues
Terre terre voici ses rades inconnues

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un cœur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement


mardi 20 novembre 2007

Fil conducteur : l'intuition



Filature
Monsif Ouadai Saleh

L'homme passe l'homme
Et ne le dépasse pas.
L'homme est toujours l'homme,
Navire et pavillon.
Toujours plus grand que le néant.
Son infime grandeur,
Point vélique du rien,
Fascine le tout
Qui l'asperge d'intuition,
Onction céleste de l'océan,
Qui emporte le navire et le pavillon.

L'homme passe l'homme
Dans le tout fasciné
L'homme passe l'homme
Dans le néant fasciné
Passage envoûtant les énigmes
Cryptiques qui voilent les substances
D'incarnations chatoyantes appelées
Questions … ligatures transitives
De l'intuition et de la fascination…

L'homme passe l'homme
Tissant la filature
Etirant la ligature.
Le tout fasciné par la ligature
Le néant fasciné par la filature.
Le tout par la réponse.
Le Néant par la question.
L'intuition par l'homme.

L'homme passe l'homme,
Intuition de soi
Et non divorce.
Fascination et promesse
Toujours absolues,
Et toujours amorce.

L'homme passe l'homme,
Passage d'un amour passionné,
Passage d'une révolte fascinée
Où l'homme est intuition de l'homme
Devant le Tout et devant le Néant.

lundi 19 novembre 2007

Fil conducteur : le silence


Le silence
Non signé

M'élever au-dessus de mon humaine condition ;
N'est ce pas là l'ultime frontière ;
La quête archaïque ;
L'impulsion primordiale ;
Le Sens dans sa pure révélation ;
Émancipation, transcendance, élévation...
Mais pourquoi j'en souffre tant ?

Je le désire si ardemment ;
Jeunesse libre d'elle-même ;
Où le rêve est réalité ;
Le physique un cas particulier ;
Pourtant rien ne dure éternellement ;
Impermanence de toute chose ;
Rien ne mérite qu'on s'y cramponne ;
Pas même nos rêves ;
Image d'un autre monde, oublie moi ;
Mais comment vivre alors ?

Arrêtons de prendre pour réel nos rêves ;
Agissons plutôt pour que nos rêves deviennent réalité ;
Et acceptons dans la joie notre existence ;
Je veux taire en moi les bruits du monde ;
Les crépitements de mon être ;
Les circonvolutions tourbillonnantes de l'universel devenir ;
Que le silence m'emporte loin au large... ;
Mais où vais-je ainsi ?

dimanche 18 novembre 2007

Fil conducteur : la croyance


Âme ! être, c'est aimer...
Victor Hugo

Âme ! être, c'est aimer.

Il est.

C'est l'être extrême.
Dieu, c'est le jour sans borne et sans fin qui dit : j'aime.
Lui, l'incommensurable, il n'a point de compas ;
Il ne se venge pas, il ne pardonne pas ;
Son baiser éternel ignore la morsure ;
Et quand on dit : justice, on suppose mesure.
Il n'est point juste ; il est. Qui n'est que juste est peu.
La justice, c'est vous, humanité ; mais Dieu Est la bonté.
Dieu, branche où tout oiseau se pose !
Dieu, c'est la flamme aimante au fond de toute chose.
Oh ! tous sont appelés et tous seront élus.
Père, il songe au méchant pour l'aimer un peu plus.
Vivants, Dieu, pénétrant en vous, chasse le vice.
L'infini qui dans l'homme entre, devient justice,
La justice n'étant que le rapport secret
De ce que l'homme fait à ce que Dieu ferait.
Bonté, c'est la lueur qui dore tous les faîtes ;
Et, pour parler toujours, hommes, comme vous faites,
Vous qui ne pouvez voir que la forme et le lieu,
Justice est le profil de la face de Dieu.
Vous voyez un côté, vous ne voyez pas l'autre.
Le bon, c'est le martyr ; le juste n'est qu'apôtre ;
Et votre infirmité, c'est que votre raison
De l'horizon humain conclut l'autre horizon.
Limités, vous prenez Dieu pour l'autre hémisphère.
Mais lui, l'être absolu, qu'est-ce qu'il pourrait faire
D'un rapport ? L'innombrable est-il fait pour chiffrer ?
Non, tout dans sa bonté calme vient s'engouffrer.
On ne sait où l'on vole, on ne sait où l'on tombe,
On nomme cela mort, néant, ténèbres, tombe,
Et, sage, fou, riant, pleurant, tremblant, moqueur,
On s'abîme éperdu dans cet immense coeur !
Dans cet azur sans fond la clémence étoilée
Elle-même s'efface, étant d'ombre mêlée !
L'être pardonné garde un souvenir secret,
Et n'ose aller trop haut ; le pardon semblerait
Reproche à la prière, et Dieu veut qu'elle approche ;
N'étant jamais tristesse, il n'est jamais reproche,
Enfants. Et maintenant, croyez si vous voulez
!


samedi 17 novembre 2007

Fil conducteur : la douceur maternelle


A ma mère
Alfred de Musset (1810-1857)


« Après un si joyeux festin,
Zélés sectateurs de Grégoire,
Mes amis, si, le verre en main
Nous voulons chanter, rire et boire,
Pourquoi s'adresser à Bacchus ?
Dans une journée aussi belle
Mes amis, chantons en " chorus "
A la tendresse maternelle.

Un don pour nous si précieux,
Ce doux protecteur de l'enfance,
Ah ! c'est une faveur des cieux
Que Dieu donna dans sa clémence.
D'un bien pour l'homme si charmant
Nous avons ici le modèle ;
Qui ne serait reconnaissant
A la tendresse maternelle ?

Arrive-t-il quelque bonheur ?
Vite, à sa mère on le raconte ;
C'est dans son sein consolateur
Qu'on cache ses pleurs ou sa honte.
A-t-on quelques faibles succès,
On ne triomphe que pour elle
Et que pour répondre aux bienfaits
De la tendresse maternelle.

Ô toi, dont les soins prévoyants,
Dans les sentiers de cette vie
Dirigent mes pas nonchalants,
Ma mère, à toi je me confie.
Des écueils d'un monde trompeur
Écarte ma faible nacelle.
Je veux devoir tout mon bonheur
A la tendresse maternelle. »


Pastels - Claude Carvin


vendredi 16 novembre 2007

Fil conducteur : le regard


Marée haute
Marc Heddebaux

J'ai vu tes yeux marée haute.
A faire pâlir le ciel d'être bleu,
à faire fondre la lumière d'être deux.
J'ai vu tes yeux marée haute
s'ouvrir si grand que les mers
s'ouvrir si grand que la terre
s'y perdraient au fond d'eux.
J'ai vu tes yeux marée haute
me parler bien mieux
que des mots d'amoureux.
J'ai vu tes yeux marée haute
déborder de chants heureux
comme les blancs coquillages
dans les rêves d'enfants sages.
J'ai vu tes yeux marée haute
dans le creux de mon cou
et leurs vagues salées couler sur ma joue.
Alors je me suis allongé sur ta plage
pour creuser mon sillage
jusqu'au fond de tes eaux,
et quand tu t'es retirée, je n'étais plus là.

jeudi 15 novembre 2007

Fil conducteur : l'abandon

Liberté
Otto Kadlecsovics

Abandon
Poème court sur la Liberté
David Myriam


Tout abandonner
tout t’abandonner
toute abandonnée
laisser tout ce qui n’est pas moi
laisser crever tout ce qui m’a déformée
laisser se décomposer tout ce qui m’a mise à plat
laisser monter une autre forme
laisser parler l’inspiration hors de toute norme
laisser s’envoler la beauté qui sort de mes fibres
Respiration
tout abandonner
tout donner
être libre.


Nirwana
Otto Kadlecsovics

mardi 13 novembre 2007

Fil conducteur : l'esprit libre

Below_the_Rust
Mickaël zancan

Esprit libre
Pierre LIG

Ces murs sont des barrières,
Seulement pour la lumière,
L’esprit, quant à lui veut partir
Laisse-le sortir, c’est là-bas qu’il respire.

Il vole et emplit l’atmosphère,
Derrière ce voile de verre,
Il s’envole et traverse,
Là, plus rien ne t’oppresse,

Le parfum des nuages
Et le son des oiseaux,
T’emmènent plus haut
Plus haut que les feuillages.



Garden_of_Giants
Mickaël zancan

lundi 12 novembre 2007

Fil conducteur : le silence

Silence au fond d'un sablier
Peinture : Kazuhiko Nakamura


::: Chut, et silence ! :
::::: Poème de Philistin Panger :::

Le bruit a gagné le combat
Et le silence doit se taire.
Nombreux sont ici bas
Qui le vacarme préfèrent.

Quelle peut être cette crainte
qu’il nous faut trahir,
cette solitude feinte
et par des sons se mentir ?

Le silence, c’est l’écoute,
l’entente de son pareil.
Le bruit sans aucun doute
torture nos oreilles.

Il faut donc des morts
pour qu’on s’accorde une minute
et hurler nos remords
avant l’ultime chute ?

Pourtant les rêves des hommes
sont fait de poésies
dans lesquelles raisonnent
bien plus de silence que de bruit.

Et la beauté se contemple
dans un absolu silence.
Elle devient bien plus ample
et beaucoup plus intense.

Lorsqu’elles sont immenses
Les joies sont des cris.
Mais c’est bien dans le silence
que le bonheur s’apprécie.

Les bruits ont bien souvent tort
et qu’importe l’offense,
je le dis haut et fort
Chut, et Silence.

Inutile désert de vide
Michaël Zancan

dimanche 11 novembre 2007

Fil conducteur : le temps qui passe

Le temps qui passe
Béatrice DJERROUD

Le tic-tac incessant
Me résonne dans la tête
Comme un insecte bourdonnant.
Je ne suis plus à la fête
Car obsédée par les secondes
Qui s'égrennent sans relâche,
Plus vite que ne coule l'onde.
Le temps accomplit sa tâche,
Régulier, blessant et éternel.
La vieille dame assise et courbée
N'est plus la jeune fille si belle
D'autrefois: les rides sont creusées.
Le métronome claque,
Les années s'écoulent.
L'incessant tic-tac
Dans ma tête devient trouble.
Les souvenirs s'envolent
Tels des feuilles d'automne
Vers une terre frivole.
Tic-tac, claque le métronome.